Ami, pèlerin, marcheur ou simple passant,

Bienvenue sur ce carnet d’archives d’un petit morceau de chemin sur le GR78, plus joliment nommé voie du Piémont pyrénéen.

A la faveur d’un vent mauvais sur les lieux d’avant (et en m’excusant à la place d’une machine pour l’éviction par icelle de tous les commentaires antérieurs), je loge ici, au grand air frais, les notes & les images de ce trajet que j’aurais voulu plus long – et surtout que j’aimerais bien continuer…

Pour naviguer, voici en guise de boussole :

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J1 – Saint-Lizier => Castillon

J2 – Castillon => Aspet

J3 – Aspet => Saint-Bertrand-de-Comminges

J4 – Saint-Bertrand-de-Comminges => Lortet

J5 – Lortet => Sarlabous

J6 – Sarlabous => Bagnères-de-Bigorre

J7 – Bagnères-de-Bigorre => Lourdes

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A bientôt, ici ou dans ma bulle-refuge en forme de Clef de Fa
Bonne lecture, et bonne route ! :)

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Prologue

So, ici la review, plus quelques photos mais pas toutes, de mon bout de chemin, de Camino plus précisément. Sans atteindre Compostelle, sans crédence, sans co-équipier.

Pour le côté pratique, voir le site vppyr et aussi des conseils en MUL ou marche ultra-légère (ce qui n’a pas été mon cas !).

L’idée est de partir de chez moi, à pied, et de rejoindre une ville-avec-gare pour rentrer en train, une semaine plus tard. En suivant *une des* voies du Piémont, car il y a autant de chemins que de cheminants, celle du GR 78. Montagneux mais pas trop, bien pour un itinéraire solitaire et à météo variable.

Marcher, et marcher seule, c’est un truc régulier et somme toute ancien chez moi, mais ce coup-ci c’est un peu particulier, à bien des égards.

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Journal de bord de mes pieds…

Durée : 7 jours
Distance : 158 km + une trentaine de km en voiture
Saison : entre la fin de l’hiver et le début du printemps (^^)
Ingrédients : bien trop ! Et un petit carnet, dont je recopie des bouts ici. Par tranches de blog, obligée vu le poids des photos, le choc des mots et tout.

Source : vppyr.free.fr – site de référence sur ce chemin
La petite partie que j’ai faite est en rose ; mes étapes ne sont d’ailleurs pas toujours celles-là.

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Premier jour
Maison => Castillon
– 19 km environ

Départ tardif, 10h10, temps beau et froid. Le sac dépasse les 11kg prévus la veille, pour ajout d’anorak et de boubouffe supplémentaire.

Clef en main, je referme ma maison, un peu étonnée de ce que je suis en train d’entreprendre ! Pour moult marcheurs aguerris, ce n’est pas grand chose, mais pour moi, ce n’est pas rien. Lire le reste de cette entrée »

Second jour
Castillon => Aspet
– 38 km environ (dont 5 en voiture)

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Départ de Castillon à potron-minet, 5h30 ! (Cette bonne résolution restera fâcheusement unique). Longue journée en perspective, et encore j’ai sous-estimé la distance, et passablement négligé la météo que je connais pourtant.

Un peu de ménage dans la gloriette de poupée, je pars de nuit et de neige, et là j’ai vraiment mal partout. Souvenirs musculaires…

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Troisième jour
Aspet => Saint-Bertrand de Comminges
– 39 km environ (en comptant les détours)

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Petit déj royal, départ vers 8h30 pour rattraper mon point d’accroche, à Juzet à 6 km de là. Route claire, couleurs superbes et lavées, frais et à peu près beau temps.

Je perds du temps à Juzet à retrouver les balises, que je récupère sur la route de Cazaunous. De là, petit pont, petit sentier deviendra grand, menant au Col des Ares. Neige au sol, neige aux branches, neige partout. Très froid et sublime. Chevaux et bêtes à cornes complètent l’impression irréelle. Lire le reste de cette entrée »

Quatrième jour
Saint-Bertrand de Comminges => Lortet
– 32 km environ

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Petit déj solitaire dans la chambre du presbytère, je ne repars pas avant 8h.
Les balises du GR font comme des boucles dans la ville, celles « voie du Piémont » logiquement, ont disparu. Un peu de route donc, pas vraiment de pluie mais du vent, assez morne, jusqu’à Nestié. Je m’aperçois qu’une souffrance physique relative n’empêche pas du tout de penser, raté. Avec tous mes repas ingurgités, mon sac est carrément léger maintenant. Moitié du poids de départ, à peu près.
J’arrive au Calvaire des Ares, que je gravis pour rien (c’est tout dire), du moins, le chemin ne fait que le croiser.

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Cinquième jour
Lortet => Sarlabous
– 21 km environ

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Réveil génial. Au chaud, reposée, beau temps piquant (7°, mieux que les jours précédents !), le son de la rivière sous mon balcon. Petit déj face cheminée, déjà il faut s’arracher de la vue hypnotique des flammes.
L’hôtelier me dépanne d’une flûte entière qui me tiendra plusieurs jours, grâces à lui, car l’épicerie prévue à Lortet n’existe pas.

Sortir de ce chouette endroit est moins simple, les balises se planquent, et une dame, depuis son balcon à elle, m’indique obligeamment et spontanément une direction complètement fausse. Je me rabiboche vite avec le « sens de la marche », et m’engage dans un bois suivi de nombreux autres.
Dès la première descente je suis obligée de constater que mon genou est déjà douloureux à la flexion. Malgré bandage + traitement symptomatique de base (ibuprofène), il apparaît vite que j’ai besoin, vraiment, d’un bâton de marche.

Baguette magique ? Lire le reste de cette entrée »

Sixième jour
Sarlabous => Bagnères-de-Bigorre
– 22 km environ (dont 8 en voiture)

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C’est officiel, Dieu n’est plus en rétention urinaire. Il pleuvra à seaux du lever au coucher.

Je traîne un peu dans la chaleur du gîte, à nettoyer et refaire mon sac, puis me décide à rejoindre Bourg-en-Bigorre, où paraît-il se trouve un « point alimentation ». Plutôt soviétiques, les rayonnages. Vides, quoi. Je repars avec une boîte de sardines, trois de gâteaux secs, pas de pâtes ni de pain, quelques cartes postales et 10 euros en moins. Je dois avoir une bonne dégaine de touriste.

Les 3 heures suivantes, je ne perds pas un instant le GR, mais peu à peu, sous cette grisaille diluvienne, mes forces et mon sang-froid. Trempée de la tête aux pieds, je n’arrive pas à me réchauffer, donc j’accélère jusqu’à Castillon (pas celui près de chez moi, un autre), au mépris de la boue des sentiers. Je progresse, je ne me perds plus et peux passer plus de 2 heures sans une pause.

Le petit pont de boue-bois dans la forêt des Baronnies Lire le reste de cette entrée »

Septième jour
Bagnères-de-Bigorre => Lourdes
– 29 km environ (dont … 28 en voiture)

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En voiture donc. Petit déj prolongé et copieux au Chat Ronfleur de Bagnères, et départ en camionnette.
Le gardien est très cordial, ne me juge à aucun moment. Pourtant j’ai un pincement. Moi je me juge. Je me vois faisant ce trajet-là assise, motorisée, passive. C’est si facile ainsi, et ça perd tellement de son intérêt. En dépit des anti-inflammatoires, mon genou ne me lâche pas, donc de toute façon je pense que j’aurais été bloquée en pleine montagne. Mais quand même. Je me sens un peu frustrée, et j’ai peur pour mon vœu.

J’ai tenu à tout prix à arriver jusqu’ici, pour diverses raisons (non religieuses d’ailleurs). Je ne sais pas si arriver en voiture, ça « compte » quand même. Et puis je me suis un peu habituée à me lever et marcher, là je ne suis déjà plus dans ce truc-là, c’est passé beaucoup trop vite (pourtant les journées étaient longues), il n’y a donc plus de sens, déjà ?

Il me laisse à la Cité Saint-Pierre de Lourdes, où je dois loger. Les 24 dernières heures vont être légèrement surréalistes.

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